Révolution en EgypteLe 13 Juin, la cour suprême égyptienne a déclaré la dissolution du parlement. Celui-ci était dominé depuis les dernières législatives par la confrérie des Frères Musulmans. L’armée, lui trouvant trop de pouvoir à la veille des élections présidentielles, a fait en sorte d’annihiler son pouvoir législatif.

Des émeutes eurent lieu devant le parlement, lors de l’annonce de cette décision. Malgré des rassemblements sur la place Tahrir, il semblerait que l’armée égyptienne ait de nouveau mis la main sur le pouvoir politique.

Une mainmise institutionnelle

Depuis ce coup d’état qui ne dit pas son nom, l’armée a renforcé ses prérogatives. Rajoutant un addenda à la constitution, le CSFA (Conseil Supérieur des Forces Armées) a interdit au futur président de s’immiscer dans les affaires militaires. Concrètement, la nomination de sa hiérarchie ne se décidera qu’en interne, pour éviter toute nouvelle nomination par le futur président, et elle pourra régler elle-même toute question en matière de défense et renseignement. Dans les faits, elle est donc entièrement indépendante du pouvoir présidentiel. De plus, elle a récupérée les pouvoirs législatifs, dont les nouvelles élections ne sont pas prévues avant la fin de l’année. Se donnant le droit de pouvoir intervenir durant la rédaction de toute nouvelle constitution, elle pourrait donc dissoudre la commission de rédaction autant de fois qu’il lui serait nécessaire, afin d’orienter la répartition du pouvoir en sa faveur. L’armée est surpuissante en Égypte, depuis le coup d’état de Gamal Nasser en 1950. Suite au retrait d’Hosni Moubarak, elle avait imposée la loi martiale dans tout le pays, empêchant toute manifestation d’une quelconque opposition.

Des élections incertaines

Mardi 19 Juin, les Frères Musulmans ont appelé au rassemblement place Tahrir. En effet, un moment paralysés par la dissolution de l’assemblée, ceux-ci ont vite repris l’initiative, proclamant très tôt leur victoire à la présidentielle. Les derniers résultats semblent leur donner raison, avec un score de 52% pour leur candidat Mohammed Morsi. Ainsi, son opposant, le Général Ahmed Chafiq aurait perdu le scrutin, ce qu’il ne dit pas encore ouvertement. Néanmoins, dans la situation actuelle, la victoire totale des islamistes dépend des autres forces politiques de la révolution, en l’occurrence les libéraux et les socialistes-révolutionnaires. Mais, selon Mohammed Habib, ancien vice et guide suprême de la confrérie, ayant depuis quitté le mouvement, «les frères ont commis une grave erreur en trahissant les jeunes de la place Tahrir au beau milieu de la révolution. A l’époque, ils ont accepté de sceller un pacte secret avec le vice-président Omar Souleiman, qui était prêt à tout pour diviser les contestataires. Il leur a promis de légaliser le statut de la confrérie et d’en libérer le numéro deux, Khairat el-Shater. En échange, Mohammed Morsi a accepté de retirer les jeunes de la place Tahrir. « (Source: LeFigaro.fr)

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